[✎] J’ai commencé par un joint

« Pour tous les enfants qui un jour décident d’allumer leur premier joint, Pour tous ceux qui consomment déjà et qui ne se sentent pas concernés par un dérapage, Pour les ados, comme les parents, qui s’imaginent que c’est une histoire de volonté et se croient à l’abri, Pour tous ceux qui sont morts et à qui j’ai survécu. Pour tous ceux que j’aime tant et qui m’ont transmis la passion de la vie, Parce qu’il faut savoir qu’un jour on peut tous plonger et puis parfois remonter en s’accrochant à ses rêves. » Hélène

Hélène a 12 ans, c’est une jeune fille comme beaucoup d’autres, sensible et angoissée par le monde des adultes. Un soir elle allume son premier joint. Elle ignore encore qu’elle va être entraînée dans une spirale qui la mènera à l’héroïne.

Personne ne s’en rend compte, ni sa famille ni ses professeurs. Chaque jour est une course effrénée après cette drogue mortelle. Hélène ne s’en sort qu’à l’âge de 18 ans, après six années gâchées qui ont failli lui coûter la vie.

Aujourd’hui, dans ce témoignage bouleversant et utile, elle raconte ses années de descente aux enfers. Pour tous les enfants qui allument un joint, parce qu’ils doivent savoir que c’est un geste qui peut tout faire basculer.

Un cri de révolte mais aussi d’espoir qui montre la difficulté des jeunes à trouver leur place dans le monde d’aujourd’hui.

Pourquoi ce livre? Parce que j’ai adore lire « l’herbe bleue » et que le résumé de ce livre m’a fait penser au même genre de récit .

Je n’ai donc pas hésité à le prendre quand je l’ai aperçu sur le rayonnage de la bibliothèque publique de ma ville.
Ce livre est tout aussi poignant, terriblement émouvant et bouleversant. L’enfer de la drogue, on ne s’imagine pas toujours a quel point il est facile de se faire embobiner dedans, d’y tomber sans vraiment le voir venir et surtout sans que l’entourage ne se rende compte de quoi que ce soit.
Les livres autobiographiques qui tournent autour de cette lente descente aux enfers ont toujours une sensibilité qui leur est propre… car on sent, au travers des mots, une émotion que quelqu’un qui  n’a pas vécu la même chose ne pourrait faire passer…
Au travers de son histoire, elle lance un formidable témoignage de force, d’espoir, mais réalise aussi une mise en garde sans pareille… « Faites attention, les choses vont très vite, on ne les voit pas venir… ».
Ce livre, c’est la preuve que l’amour est malgré tout une force incroyable, puisqu’elle se bat contre cette « saloperie » au nom de son amour décédé… (je vous ai mis ci-dessous l’extrait).
Les mots qui composent les pages de ce livre sont bouleversants, tragiques, durs aussi, … ils nous renvoient des images terribles et terrifiantes, mais c’est là aussi toute la force de ce témoignage…
Je dirais donc je ne vous mets certes mon ressenti sur ce livre, mais je ne me permettrai pas d’y poser un jugement.. car ce genre de récit, cela se lit, cela s’apprécie (ou pas, selon les goûts), mais on ne peut critiquer (de manière positive ou négative) le style de l’auteur, la/les description(s), etc…
Ce récit est quelque chose de bien trop intime que pour que le lecteur puisse le juger…

Je n’ai pu résister à vous mettre, ci dessous, un (très) long extrait, qui est en fait le début du livre… j’ai enlevé une partie, pour ne laisser que l’essentiel, le plus poignant, le plus troublant…

« J’ai shooté avant lui.

« Tu vas voir, elle est bonne… »
« Nous sommes seuls au sixième étage d’un immeuble, dans une chambre de bonne minable, refuge d’un copain. J’ai quinze ans. Jarv, dix-neuf ans, est mon meilleur ami, un frère. Pas du genre junky pourri, incapable de partage, au contraire. Il est dans la drogue depuis plus longtemps que moi, mais, si nous sommes en manque tous les deux, il trouve toujours une miette de poudre à partager. Normalement, on ne partage avec personne. Lui, avec son bon sourire pâle, sait me rassurer.
« Je nous ai trouvé la substance vitale… »
Cette fois, c’est moi qui l’ai trouvée, cette substance vitale. Il fait son shoot juste après moi. Je suis sonnée assez vite, avec un drôle de bouillonnement un goût bizarre dans la bouche. Il se sert à son tour, repose la seringue, une « shooteuse », comme on dit. Dans mon souvenir, c’est encore moi qui commente. « Tiens… ou elle est trop bonne, ou elle est coupée à la coke. En tout cas, elle est forte. »
[…]
Et, ce jour-là, je cours retrouver Jarv qui doit encore dormir. Il a disparu, le lit est vide.
Quelqu’un, je ne sais plus qui, me renseigne.
« Non, il n’est pas là, il a été emmené aux urgences dans la matinée, mais il était mort.
— Mort ? Mais non ! Impossible ! Quel hôpital ? »
Je cours comme une folle aux urgences de l’hôpital voisin. À la réception, je demande à voir un jeune homme qui a été amené par les pompiers, je le décris précipitamment. « Il est antillais d’origine, il s’appelle Jarv. Il a les cheveux très courts, grand et très mince. On a dû vous l’amener dans la matinée. On m’a dit qu’il est mort !
— Non, ce n’est pas possible, j’étais de garde toute la nuit aux urgences, et on ne nous a pas amené de mort. Je l’aurais vu passer. Mais qui êtes vous ? Vous êtes de sa famille ? »
Je respire un peu mieux en me disant qu’il est sûrement quelque part dans l’hôpital.
« Je suis sa soeur, enfin… par adoption.
— Rassurez-vous, il n’est sûrement pas mort. On va vous le trouver. Allez voir dans le service, là-bas… »
Elle m’indique la direction. Je quitte les urgences en courant, trouve un ascenseur, appuie nerveusement sur le bouton, et, au moment où la porte va s’ouvrir, la réceptionniste me rattrape :
« Mademoiselle, excusez-moi, comment s’appelait- il ?
— Jarv. — Ah oui, effectivement, j’ai une fiche de réception. Mais il n’est pas passé aux urgences, alors… Je suis désolée, il est décédé. Enfin, il était déjà mort quand on l’a amené.
— Mort ? Il a fait une crise d’épilepsie ? C’est ça ? Mort de quoi ?
— Il est mort d’overdose dans la nuit. »
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