[✎] 24 Heures Dans La Vie De Théo

Texte de Virginie Lydie.Illustrations de Yann Hamonic.
48 pages, 13×18 cm, souple.
Editions Balivernes
Sur le trottoir, à côté des Galeries Farfouinettes, elle a posé un petit carton, à côté d’elle, à même le sol. Elle n’aurait jamais fait ça si elle n’était pas malade, mais la poudre blanche coûte cher… Théo devra faire quelque chose pour la sauver.

 

Coup de coeur! Je suis sous le charme…

Ce petit livre jeunesse est vraiment émouvant et sensationnel!

Pour moi, il n’y a pas photo… Ce livre est sans conteste LE livre à faire lire à ses enfants en âge de comprendre les problèmes liés à la drogue…

Il illustre de manière vraiment sensée et touchante la déchéance d’une mère de famille qui, pour assouvir son vice et payer sa « poudre blanche » (qu’elle fait passer pour un médicament auprès de son petit garçon), confronte son fils à la pauvreté, la mendicité, au mensonge, à la malnutrition, à la violence de l’état de manque ou celui de la dépendance, aussi… et l’enferme peu à peu dans une spirale infernale et dangereuse.

Les textes sont simples, mais percutent, avec des phrases choc, qui vont droit à l’essentiel sans pour autant aller dans le « morbide ».

L’écriture est agréable, pleine d’énergie, elle fait à merveille passer le message.Pourtant, le parti était risqué, car aborder le sujet de la drogue avec les plus jeunes n’est pas chose aisée.

Cette histoire, c’est un peu comme le témoignage d’un enfant qui voir sa mère « malade », en souffrira, mais malgré tout, plutôt que de tomber dans le tragique énervant, on reste dans le lucide, le concret, face à une situation des plus difficiles et complexe à comprendre pour un enfant.

Imaginez, un enfant qui se retrouverait face à cette situation:

« Maman, tu ne te rappelles pas ? Cette nuit, tu voyais des monstres et tu as réveillé tous les voisins. La police est venue, il y avait aussi les pompiers, des médecins, et une ambulance est venue te chercher. » page 39

Les illustrations sont très belles, simples, aux couleurs douces. Les dessins donnent une impression de calme, de tendresse, de douceur… On aurait pu croire que les illustrations liées à un tel récit seraient plus « choc », mais il n’en est rien, et c’est tant mieux… Elles ont un aspect réconfortant

Le petit Théo, personnage principal de ce livre pour enfant, est un petit garçon comme tous les autres, mais plongé dans un univers qui ne devrait pas être celui d’un garçon de 10 ans… ce que j’ai aimé, c’est qu’on lui confère à la fois la naïveté de l’enfant (on n’en fait pas un enfant omniscient à la maturité exagérée), mais aussi l’amour et l’inquiétude pour sa mère… Tout est fait pour que ce personnage soit attachant et que les enfants puissent aisément s’y reconnaître…

La morale de l’histoire est expliquée de manière détournée mais simple et accrocheuse, pour marquer malgré tout les esprits des enfants, et leur donner une piste de réflexion et d’action s’ils venaient à être confrontés à une telle situation.

Honnêtement, un vrai coup de coeur pour ce petit livre, mais au grand potentiel! Il est à mettre entre toutes les mains des enfants d’une dizaine d’années. Il est parfait pour ouvrir le dialogue avec son enfant sur les méfaits de la drogue.

 

Un tout grand merci aux éditions Balivernes pour ce Service Presse qui m’a permis de découvrir ce petit livre vraiment génial…

Chaque nouvelle lecture de leur collection me surprend (agréablement).

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3 réflexions au sujet de « [✎] 24 Heures Dans La Vie De Théo »

  1. Virginie Lydie

    Un grand merci pour cette belle critique. Effectivement, je ne souhaitais pas enter dans le morbide ou le pathos, juste parler « vrai » et entamer une réflexion avec les enfants, à l’âge où il n’est pas trop tard.
    Je profite de cet espace de parole pour mettre des guillemets au mot « vice » car l’addiction, on l’oublie trop souvent, est une maladie chronique aux causes multifactorielles. Certains addictologues pensent même que la proportion de personnes souffrant d’addiction est à peu près constante, quels que soient l’époque et le pays. Seules les formes changent. Il était normal, en France,il y a une centaine d’années, de boire plusieurs litres de vin par jour, quand le vin était considéré comme un « fortifiant » qui faisait oublier sa peine.
    La personne addict me fait penser à quelqu’un qui meurt de soif dans le désert et qui cherche désespérément un marigot : la soif est plus forte que le risque d’aller encore plus mal !
    Merci encore.
    Virginie Lydie

    Répondre
    1. hylyirio Auteur de l’article

      de rien, merci à vous d’avoir pris la peine de m’écrire ces quelques lignes…
      J’ai beaucoup aimé la manière que vous avez eue d’aborder ce sujet, trop souvent tabou, ou alors abordé une fois que l’enfant a déjà été confronté de près au « problème »…

      Répondre

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