[✎] Tes yeux pleins de cendres

Editions Gael Bouron (autoédition)
Vous pouvez vous le procurer sur le site etat-végétatif.org
Publié en 2011 ~ Langue : Française ~ 199 pages
État végétatif : absence de toute activité consciente alors même que le sujet est éveillé. La personne en état végétatif est totalement paralysée, les yeux ouverts, dans l’incapacité d’exprimer, de comprendre, de ressentir. C’est le récit de ce handicap extrême que j’ai souhaité partager. Basé sur l’histoire personnelle de mon père, plongé dans un état végétatif depuis juillet 2009, j’aborde dans cet essai-témoignage, soutenu par une importante documentation scientifique et littéraire, des questions d’éthique médicale, telles l’acceptation du handicap ou l’euthanasie. Le récit est dépouillé, sans emphase. Derrière l’histoire d’un fils face à son père dans un état si dégradé, on peut ainsi approcher l’universalité de cet immense désarroi. Déjà plus vraiment vivantes et pas encore mortes, les personnes en état végétatif interrogent notre humanité.

 Excellent! J’en veut encore…

Un livre poignant, émouvant, portant outre l’aspect humain, un aspect scientifique, moral, et légal. Une belle lecture, un beau message du coeur

Je n’ai jamais eu l’occasion, par le passé, de lire sur le thème de l’état végétatif. C’était donc une grande première pour moi, et j’étais totalement novice en la matière. Certes, j’en avais déjà entendu parler, mais en dehors de ça, je n’en savais rien.

Le fait que le livre soit raconté par un homme est assez surprenant, et la manière de le raconter d’autant plus.

De la part d’un homme, on s’attend surtout (ou plutôt, on a généralement l’habitude) à s’éloigner du sentimental, on a une moins grande capacité/facilité à faire passer ses émotions, ses ressentis.

Et pourtant, dès le départ, à la première page, la première ligne, c’est l’émotion, c’est le cœur serré, c’est la douleur de voir son père ainsi allongé en réanimation.

Le fait d’avoir vu, dans d’autres circonstances, mon propre père en réa/soins intensifs également, avec tous les appareillages et tout ce qui va avec, m’a déjà laissé un souvenir terrifiant et inoubliable, à me glacer le sang, et cela renforce sans aucun doute ma sensibilité à ce témoignage. Même si la situation n’était pas la même (mon père n’a pas fait de coma), j’ai déjà un début de compréhension accrue sur ce que peut ressentir l’auteur.

D’une plume à la fois douce et sensible mais assurée, forte mais pleine d’amour, l’auteur ouvre la porte de son jardin intime de manière incroyable.

« Je n’avais jamais dit « je t’aime » à mon père, avant cette visite à son chevet. Pudeur dans les sentiments et tradition familiale qui se prête peu aux démonstrations affectives. » Page 12

Et puis, aux antipodes de l’aspect « plus humain » de la chose, on découvre un aspect plus scientifique, médical et historique de la maladie.

Et là, d’une manière sans pareille, le style de l’auteur change du tout au tout… des mots plus crus, plus durs, allant jusqu’à l’ironie ou l’humour noir.

« En tapant sur Google « coma », « Etat végétatif chronique », ou encore « Espérance de vie personne en état végétatif », je peux choisir entre deux boutons. Le premier s’intitule « recherche Google », et le second « J’ai de la chance ».

[…]

Est-ce qu’un suicidaire clique sur le bouton « I’m feeling Lucky » en libellant une recherche Internet pour trouver le moyen d’en finir? La fenêtre s’ouvre, le curseur est positionné dans le champ de recherche, et écrit « Comment se suicider facilement?  » et avec un regain d’optimisme, il clique sur le bouton « j’ai de la chance »… »  » page 21

Ce livre passe par tous les stades, toutes les éventualités, tous les ressentis. L’annonce, l’espoir, les doutes, la patience, les questions multiples trop souvent sans réponse, … Il pose aussi la lourde question de l’euthanasie, de la délivrance: quand? Pour qui? Pour quoi? Pourquoi?

Au-delà du « simple » témoignage, le livre offre aussi plein de pistes de réflexions, de références en littérature pour ceux qui, suite à leur lecture, on envie ou besoin d’aller plus en profondeur dans le sujet, d’aller au-delà du livre.

Au final, ce livre m’a tant arraché le cœur que les larmes et me laisse bouleversée, avec un sentiment de vide, d’impuissance, d’injustice aussi. Une profonde tristesse.

Je tire mon chapeau à Monsieur Bouron pour son combat d’une part, mais aussi de le partager avec nous, ce qui n’a certainement pas dû être chose facile et demande beaucoup de courage.

Je vous conseille vivement ce livre.

Et surtout, profitez de chaque instant avec vos proches,  la vie est précieuse, et on ne sait jamais de quoi demain est fait, et ce livre en est la preuve. Du jour au lendemain, tout peut basculer… ne gâchons pas ces précieux instants.

N’oubliez pas non plus de dire à vos proches que vous les aimez, ne partez pas du principe « qu’ils le savent », l’entendre, c’est essentiel, le dire est important.  

Merci au site « Les agents littéraires » pour m’avoir permis de découvrir ce livre poignant. Vincent a vraiment le « flair » pour proposer le bon livre à la bonne personne, et ainsi faire découvrir de merveilleuses oeuvres.

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6 réflexions au sujet de « [✎] Tes yeux pleins de cendres »

  1. Ayma

    Je suis enfin abonnée à ton blog 😀

    Bref, là n’est pas le propos ! Je t’admire d’avoir réussi à lire ce livre…je sais que l’émotion a dû être forte et que c’est tout l’intérêt d’un livre mais ce livre là, ce père, je ne pourrais pas. Ma pire peur étant justement de perdre mon père, ça me ferait énormément angoisser et je ne pourrais simplement pas le supporter ^^

    Ton avis est aussi très engageant, clair et porteur ! Merci Hyly 😉

    Répondre
    1. hylyirio Auteur de l’article

      merci à toi pour ton com 😉

      tu sais, mon père est super important à mes yeux aussi… il fait partie des personnes les plus importantes à mes yeux, et j’ai toujours peur pour lui, depuis des années… quand il était toute la journée sur les routes, quand il a dû se faire opérer plusieurs fois au coeur, dernièrement, c’était l’aorte, … j’ai constamment peur pour lui, et je n’arrive pas à imaginer ma vie sans lui non plus…

      Mais finalement, je pars du principe que si je dois tourner le dos à tout ce qui me fait peur et m’angoisse… je passerai à côté de tellement de belles choses également…

      Une de mes plus grandes angoisses, ce serait de ne plus pouvoir donner la vie, de perdre un enfant par la maladie, ou quoi qui puisse arriver à mon enfant… et pourtant, j’aime lire à ce sujet… car justement, ça m’aide à relativiser aussi… à donner de la force, de l’espoir, à moins angoisser malgré tout…

      Plutôt que de voir le pire au travers de ces livres, j’essaie d’en tirer le positif…

      bisous ma belle

      Répondre
      1. Ayma

        Disons que pour moi, c’est une phobie post-traumatique donc je n’arrive pas du tout à gérer ces émotions débordantes qui me provoques des attaques de panique :/ C’est maladif en fait et je sais, tu as raison, je rate pas mal de choses mais normalement, je devrais aller mieux d’ici quelques semaines, ayant été conseillée pour une thérapie courte qui s’appelle EMDR 😉 Bref, 3615 ma life on va arrêter xD

        Bisous !

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