[✎] Petite soeur, mon amour

Petite soeur, mon amour
Joyce Carol OATES
Points
  734 pages
  8,50 Euros
S’emparant d’un fait-divers, un mystère jamais résolu, qui bouleversa l’Amérique – l’assassinat le soir de Noël 1996 de la petite JonBenet Ramsey, six ans et demi, célèbre mini-Miss vedette de concours de beauté -, Joyce Carol Oates reconstruit l’affaire qu’elle n’hésite pas, elle, à dénouer. Une histoire effarante racontée dix ans après par le frère de la victime. La petite fille s’appelle maintenant Bliss, c’est une championne de patinage sur glace, l’enfant adoré de ses parents, la coqueluche d’un pays, la soeur aimée et jalousée par son frère, son aîné de trois ans, Skyler. Skyler qui, depuis le meurtre, a vécu dans un univers de drogues, de psys et d’établissements médicalisés. Agé aujourd’hui de dix-neuf ans, il fait de son récit une sorte de thérapie. Ses souvenirs sont à la fois vivaces et disloqués. Peu à peu émerge le nom du coupable : est-ce le père – homme d’affaires ambitieux, la mère – arriviste forcenée, un étranger cinglé ou bien… le narrateur lui-même ? Tous les ingrédients préférés de Joyce Carol Oates sont là : la vanité féminine, la stupidité masculine, la famille dysfonctionnelle, l’angoisse du parvenu, le christianisme de charlatan, les dérives de la psychanalyse, le vampirisme des médias, l’incompétence de la police. Pour produire en fin de compte un chef-d’oeuvre hallucinant, un dépeçage au scalpel de l’âme humaine et de l’horreur ordinaire..

Des personnages attachants, une histoire troublante, touchante…

J’ai eu la chance, par l’opération « Un poche, Un(se) mordu(e), une chronique, organisée par LIBFLY et les éditions Points/Points2, j’ai eu la chance de recevoir un second livre (pour rappel, vous trouverez le premier ici).

J’ai aimé la pureté qui se dégage de cette couverture… Elle représente l’innocence, l’enfance… Elle a d’ailleurs influencé mon choix pour ce livre…

Pour une fois, après la lecture du livre, j’ai eu envie de me renseigner un peu sur l’auteur étant afin de voir ce qu’elle avait écrit d’autre.

J’ai été très étonnée quand j’ai lu sur internet qu’elle avait 72 ans! Malgré tout, je trouve qu’elle a une plume très originale, très vive, très entraînante… c’est un plaisir à lire.

Le fait de donner la parole à Skyler, cela rend l’histoire d’autant plus touchante qu’elle est racontée par quelqu’un qui touche le drame du bout des doigts tout en étant plongé en plein dedans.

Par contre, ce qui est un peu plus ennuyeux, ce sont les trop nombreuses notes de bas de pages, … Elles ont tendance à couper le rythme du livre, et parfois, elles n’apportent rien de plus à l’histoire. Je dois avouer qu’au bout d’un moment, j’étais tentée de ne plus toutes les lire…

A part cela, l’écriture est familière, le style accrocheur… l’écriture « malhabile » telle qu’elle est présente, un peu à la manière d’un carnet intime qui serait écrit pour un psychanalyste, rend le lecteur encore plus accro.

  Cette histoire est tirée, ou plutôt inspirée, d’un fait divers datant de 1996, alors qu’une enfant de six ans avait été retrouvée morte , après avoir été battue, au domicile de ses parents… cette histoire, à l’époque avait défrayé la chronique, car bien que la famille avait été suspectée, l’affaire n’avait jamais été élucidée…

Ici, pas de Mini-miss comme dans le fait réel, mais une petite fille patineuse sur glace.

L’histoire, amenée de manière subtile mais forte, fait apparaître tant les médias et leur influence négative, les difficultés des familles et leurs dysfonctionnements qui sont alors mis en avant ou cachés, … tant de points sensibles qui ne manquent pas de mettre un coup de poing dans la fourmilière là où ça fait mal, là où le bât blesse,…

Il n’y a pas de temps morts, car on est entraîné dans cette histoire touchante, et on peine à en sortir… l’histoire est menée de main de maître, d’une manière admirable.

  Skyler, dix-neuf ans, drogué, à côté de ses pompes, issu d’une famille qui vit dans le chaos le plus total… (et malheureusement, cette famille n’est pas la seule dans le cas). C’est lui qui va nous narrer l’histoire… Je l’ai trouvé très attachant, et déroutant. Tous ses troubles obsessionnels, dépression, etc…, qui lui ont fait passer la moitié de sa vie dans des institutions psychiatriques, le rendent relativement émouvant…  Il nous raconte son histoire, à la fois dans le tumulte, l’incompréhension, et la douleur, depuis avant la naissance de Bliss, afin de faire la vérité sur ce qui est arrivé à sa petite sœur… meurtre dont il a été suspecté ou considéré comme coupable malgré les aveux faits par un pédophile qui habitait le voisinage. On ne peut qu’imaginer son état d’esprit, ou celui de quiconque serait ainsi accusé et se retrouverait au cœur d’une famille en plein drame.

Le roman nous montre aussi Bliss, la petite fille assassinée… Malgré son jeune âge et l’innocence qui est sienne, elle se rend bien compte que les choses ne tournent pas rond dans sa famille, elle est attentive à tout ce qui ne va pas.

On ressent toute la faiblesse que ces deux enfants ont pu ressentir face à leurs parents, qui s’en servent un peu comme otages pour arriver à leurs fins… ces parents que je qualifierais d’indignes qui se servent de leurs enfants pour assouvir leurs propres rêves de gloire.

Si je tombe, est-ce que tu m’aimeras encore ?

Et on plonge à merveille dans les pensées des personnages, on vit l’histoire à travers eux, ont ressent une empathie très forte pour les enfants, renforcée par la plume admirable de l’auteur…

Pas la peine de vous dire qu’en ce qui concerne les parents, je les ai détestés… comment apprécier des personnes qui ont, finalement, plus d’amour-propre que d’amour pour leurs enfants? Car pour moi, c’est de cela dont il est question quand les parents préfèrent imposer leurs choix au bien-être et à la volonté de leurs enfants.

  J’ai adoré voir la manière dont les médias sont impliqués dans cette histoire, ou plutôt, la mise en avant de leur aspect négatif, de la manière dont ils déforment les choses et détruisent tout sur leur passage.

Un très bon thriller, un roman admirable que je relirai certainement!! Une plume admirable, des personnages attachant, une histoire entraînante et touchante… tout est là pour un moment lecture agréable, qui au-delà du roman, pousse à réfléchir.

un style accrocheur, des personnages attachant, une histoire émouvante.

  je n’en ai trouvé aucun.

Joyce Carol Oates a été élevée dans un milieu rural. Elle était très proche de sa grand-mère paternelle. Elle a commencé à écrire dès l’âge de quatorze ans.

Elle enseigne la littérature à l’Université de Princeton où elle vivait avec son époux Raymond Smith, décédé en février 2008. Il dirigeait une revue littéraire, l’Ontario Review.

Depuis 1964, elle publie des romans, des essais, des nouvelles, du théâtre et de la poésie. Au total plus de 70 titres. Elle a aussi écrit plusieurs romans policiers sous les pseudonymes de Rosamond Smith et de Lauren Kelly.

La fiche Wikipedia de l’auteur, où vous trouverez la liste de toutes ses oeuvres.

CITRIQ

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