Fatal Texto, de Amélie Croteau

Editions La Semaine (2014)
208 pages

Amélie Croteau, une jeune femme de Saint-Agapit victime d’un grave accident de la route de campagne qu’elle roulait à 85km et son téléphone cellulaire à ses côtés. Elle ne résiste pas à la tentation d’écrire à son amoureux. C’est en septembre 2010 alors qu’elle textait au volant, témoigne dans son livre Fatal texto, La fin d’un beau rêve, de l’événement qui a bouleversé sa vie.

Ma note

2 sur 5

 

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avis 9Vous devez le savoir à force, j’aime beaucoup les témoignages, et généralement, j’évite de « juger » l’histoire et le style de ce genre de récits. Pour celui-ci, je vais faire exception, car j’ai été plus que déçue par l’un comme par l’autre…

Point de vue écriture, ça ne l’a pas fait du tout… et pour cause : toute l’histoire est racontée à la troisième personne… et pour moi c’est une grave « erreur de choix », surtout quand le livre est présenté comme le témoignage de la personne elle-même… Cette manière de raconter à la façon d’un narrateur omniscient, mais quelle horreur, cela met une réelle distance avec l’histoire, et personnellement, je n’ai pas aimé du tout…

Sans compter qu’en plus, la forme narrative manquait cruellement de naturel…

«Au primaire, Amélie a de bonnes notes, mais sa relation avec ses camarades de classe est moins reluisante. Parce qu’elle porte des lunettes et un appareil orthodontique, et parce que son petit corps maigre est figé dans une posture trop raide, elle se voit affligée du sobriquet de Barre-de-Fer. Elle doit aussi composer avec un nom de famille qui se prête à la moquerie: Croteau. Facile à déformer, son patronyme devient Crotte-dans-l’eau, Crotte-sur-le-Couteau, Crotte-Ceci, Crotte-Cela. Des mots d’enfants tout bêtes qui blessent la petite Amélie.»

D’ailleurs, cet extrait me permet de rebondir sur l’histoire : quelle est l’utilité d’axer une bonne moitié de livre sur l’enfance d’Amélie, sur vraiment son histoire depuis sa naissance ? Honnêtement, qu’une gamine porte un appareil dentaire, des lunettes, et joue à la barbie, je m’en fiche un peu dans ce genre de témoignages… j’aurais aimé que ce soit moins éparpillé et vraiment centré sur le drame, sur l’accident d’Amélie…

De plus, je trouve qu’une drôle d’image superficielle est donnée de la jeune fille : « Après avoir passé son enfance et son adolescence à apprendre tous les artifices féminins, Amélie est au sommet de son art: l’art de paraître. Toutes les occasions sont bonnes pour être vue en compagnie du superbe mec qui est son chum: sorties et parties sont autant de scènes où les amoureux tiennent le rôle du couple à qui tout réussit. »… On en donne vraiment une image négative, et cela ne s’arrête pas là…

« Malgré tout ça, elle dépense plus qu’elle ne gagne. «J’avais des dettes mais je ne les payais pas, avoue Amélie, peu fière. J’allais magasiner à la place. Puis j’appelais mon père pour lui demander de l’argent.»

« Son âge, 19 ans, peut laisser supposer une certaine immaturité biologique, son cortex préfrontal n’ayant sans doute pas atteint son plein développement. » [..] « Elle n’a donc pas su résister à l’envie d’écrire, tout de suite et maintenant, à son petit ami. Le plaisir éprouvé à communiquer avec son amoureux a été plus fort que l’incitation à la prudence que lui a peut-être dicté sa raison. Elle n’a pas établi la connexion entre savoir ce qui est bien et faire ce qui est mal. »

« Mais je ne peux m’empêcher de croire qu’Amélie a eu des signes, des indices qu’elle a ignorés quant à un accident imminent.»

Désolée de vous mettre autant d’extrait, mais pendant tout un temps, le récit ressemble à ça… j’ai plutôt l’impression qu’ils font le procès de la jeune fille plutôt que de raconter son histoire pour faire bouger les choses…

Oui, elle a fait une erreur, oui, elle a eu un accident qu’elle regrettera toute sa vie, mais je pense que c’est déjà assez dur comme ça…. Elle a fait une erreur mais là, ils en parlent comme d’une mauvaise personne… Si c’est réellement elle qui a écrit le livre, je ne comprends pas pourquoi elle se dévalorise et se « casse » comme ça… et si ce n’est pas elle l’auteur, je ne comprends pas l’utilité de donné une telle image d’elle… limite, je trouve que c’est présenter l’accident comme une bonne leçon que la jeune fille aurait eu pour avoir été une dévergondée… je trouve ça limite quand même…

Et même pout l’après accident, ils restent dans le paraître : «Les résultats sont probants, et Amélie retrouve ce qu’elle a de plus dangereux dans son arsenal de séduction: son sourire désarmant. Ce dernier compense pour le piteux état de sa chevelure, mise à mal durant son hospitalisation. » Dans un cas comme ça, il n’y a pas plus important à leurs yeux que l’état des cheveux de cette femme ?

Franchement, tout le livre me dépasse… je ne comprends pas leur « sens des priorité » dans les choses qui nous sont racontées, je ne comprends pas leur forme de narration, je ne comprends pas l’image qu’ils ont tenu à donner d’Amélie… Moi qui pensais trouver un témoignage émouvant, je me suis retrouvée face à un récit énervant qui m’a provoqué plus de colère et d’incompréhension que d’empathie et de tristesse…

Je reste dans l’incompréhension totale…

 

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7 réflexions au sujet de « Fatal Texto, de Amélie Croteau »

    1. hylyirio Auteur de l’article

      exactement, je n’ai vraiment pas compris le message qu’ils voulaient faire passer…
      genre « voilà à quoi ça te mène quand t’es une fille superficielle »…
      bref… 😦

      Répondre

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