Archives pour la catégorie 1.Coup de coeur

Sous nos yeux (Cara Hunter)

Alerte enlèvement : la petite Daisy Mason, 8 ans, a disparu lors d’une fête, donnée dans le jardin de ses parents. Elle était déguisée en pâquerette : elle portait une robe, des collants et des chaussures vertes, ainsi qu’une coiffe avec des pétales blancs. Et personne n’a rien vu. L’inspecteur Adam Fowley, qui prend en charge l’enquête, sait bien que, dans 90% des cas, c’est un proche qui a fait le coup. Il a lui-même perdu un fils, Jake, quelques mois plus tôt. Or, la famille de Daisy compte son lot d’étranges individus : sa mère fait ce qu’elle peut pour préserver les apparences, son père se montre systématiquement sur la défensive, et le petit frère ne dit pas un mot… Le vernis de respectabilité si cher à ce quartier de la classe moyenne s’effrite peu à peu sous la pression de l’enquête, des rumeurs et des réseaux sociaux. Les Mason, famille modèle, préfèrent parfois le mensonge par omission à la vérité, et des secrets inavouables sont sur le point d’éclater

20/20 Un gros coup de coeur !

WAOUW, voilà le mot qui me vient en tête une fois ce livre refermé… J’ai relu la première page après avoir lu la dernière, et je me suis dit waouw, on est parti de là pour en arriver à cette chute !
Vous l’aurez compris, ce livre a été un coup de coeur pour moi, je l’ai tout simplement adoré !

Vous devez commencer à me connaître, les histoires de disparitions d’enfant, tout ça tout ça, c’est quelque chose qui me branche pas mal, mais certes, si le thème peut sembler redondant, il y a certains romans qui se détachent vraiment du lot, et pour moi celui-ci en fait partie

Tout commence donc de manière très classique : la petite Daisy, 8 ans, disparaît lors d’un grand barbecue donné par ses parents, personne n’a rien vu, rien entendu… et comme très très souvent dans ce genre d’histoires, les personnes que l’on soupçonne en premier, ce sont les parents… (à tord ou à raison ? Ah ah, ne comptez pas sur moi pour vous spoiler…)

« La disparition d’un enfant provoque toutes sortes d’émotions. Angoisse, panique, déni, culpabilité. Je les ai toutes vues, seules ou associées. Mais il y a une expression sur le visage de Barry Mason que je n’avais jamais vue. Une expression impossible à définir. Quant à Sharon, elle serre les poings à s’en faire blanchir les phalanges. »

Vous l’aurez compris, les parents sont des personnages assez complexes, et tout au long du roman, ils le resteront. Finalement, c’est bien entendu ce qui rend le roman si intéressant, le fait de douter, de ne pas savoir, de voir les soupçons aller de l’un à l’autre, de découvrir les sombres secrets des uns et des autres… (car oui, une histoire de ce genre sans qu’il ne remonte des secrets enfouis, ce serait moins intéressant, vous vous en doutez bien…)

Même si l’histoire tourne autour de la disparition de Daisy, c’est sans aucun doute le personnage auquel je me suis le plus attachée… une gamine de 8 ans qui semble détonner dans sa famille,… ce qui du coup la rend attachante, et on a d’autant plus envie de savoir ce qui s’est passé…

La plume de l’auteure est très fluide, très agréable, je n’ai trouvé aucune lourdeur, aucun temps mort non plus, car les informations et les révélations nous sont distillées au bon moment pour garder le lecteur en haleine, et lui donner envie d’aller plus loin dans le roman. On ne s’ennuie pas du tout.

Il y a un côté très « british » que j’aime beaucoup et que l’on retrouve souvent dans les romans anglais, également, très digne, posé, pas d’effusions de cris, de larmes, on reste dans la retenue… ça change un peu des romans US où les parents, généralement, hurlent à tout va.

On suit l’histoire du point de vue du policier qui mène l’enquête, et l’auteure fait surgir des informations tellement diverses et variées (comme c’est le cas dans les « vraies » enquêtes, finalement, en cas de disparition.. on gratte sous la surface de la vie apparemment parfaite de la famille, et tellement de choses peuvent remonter) qu’au final, on en vient à douter du vrai, du faux, et se demander si nos certitudes sont si certaines que ça… et c’est ce que j’aime dans ce genre de romans.

On vogue entre le passé et le présent, et ce que j’ai aimé, c’est que les changements de période abordée sont bien établis dans le livre, c’est indiqué clairement (x jours avant la disparition, x jours après la disparition) … Alors oui, dit comme ça peut vous paraître stupide, mais il n’y a rien qui m’énerve plus que ces romans qui font des aller-retour dans le temps au point de perdre le lecteur, qui ne sait plus à quel moment il se trouve…

Un aspect que j’ai vraiment adoré dans ce roman, c’est la place des réseaux sociaux, et plus particulièrement de Twitter. Je trouve que si d’habitude, les médias/réseaux mis en avant sont les journaux – bien entendu – et Facebook,c’est le premier que je rencontre qui donne une place centrale à Twitter.

Le réseau est utilisé d’une part pour essayer de trouver des témoins, pour soutenir les parents et la police dans les recherches (ce qui est un côté positif),

  

Mais d’un autre côté, il y a les autres, ceux qu’on a déjà tous « rencontrés » virtuellement, qui se sentent forts et invincibles derrière leur écran, se croient tout permis, et déverse toute leur rage, et qui font que ça tourne presque au harcèlement, au pugilat en place publique, et en incitation à la haine… Certains tweets allaient loin, et malheureusement, collent tellement avec ce que l’on peut lire sur les réseaux en cas de drame…
Le côté bien noir et négatif des réseaux sociaux, où les gens s’y permettent ce que jamais ils ne feraient en face à face. (je ne vous en mets pas d’extrait pour ne pas spoiler des infos sur le déroulement de l’histoire)

L’auteure nous emporte assez loin dans des hypothèses parfois très sombres, et j’ai trouvé ça assez réaliste, au final, car avec tout ce que l’on peut voir aux informations ces derniers temps, ces hypothèses ne sont pas aussi farfelues et exagérées que ça, malheureusement… Mon coeur se serrait, par moment, et je me disais « oh non, pas ça »..

J‘ai trouvé qu’elle avait mis beaucoup de soin à travailler le psychologique de ses personnages, à travailler chaque petit détail de leur personnalité, au point que finalement, on a tellement l’impression de les connaître personnellement, et ça, c’est juste parfait pour ce genre de romans.

Le twist final… qu’en dire… il m’a laissée complètement abasourdie, je ne l’ai pas vu venir du tout, et j’ai été juste scotchée de découvrir ce qui, finalement, était arrivée à la petite Daisy…

Cette lecture m’aura vraiment embarquée du début à la fin, et je vous la conseille vivement… Première enquête de l’inspecteur Fawley qui, je l’espère, ne sera pas la dernière, car j’ai déjà hâte de retrouver la plume de l’auteure !

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Je me suis tue (Mathieu Menegaux )

Du fond de sa cellule de la maison d’arrêt des femmes à Fresnes, Claire nous livre l’enchaînement des faits qui l’ont conduite en prison : l’histoire d’une femme victime d’un crime odieux. Elle a choisi de porter seule ce fardeau. Les conséquences de cette décision vont se révéler dramatiques. Enfermée dans sa solitude, Claire va commettre l’irréparable. Le mutisme sera sa seule ligne de défense, et personne, ni son mari, ni ses proches, ni la justice ne saisira ses motivations.
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20/20 - une claque !

Oh punaise !

Quand j’ai refermé ce livre, j’étais en larmes, bouleversée, …rarement un roman n’a su me toucher à ce point…

Commençons par le commencement… On fait la connaissance de Claire lors d’un dîner où elle se rend avec son mari…. Elle n’avait pas trop envie d’y aller, donc elle fera tout pour écourter la soirée, et pour ne pas obliger son mari rentrer plus tôt, elle décide de rentrer seule.. c’est là qu’elle se fera agresser, et que toute sa vie va basculer.

Les événements qui se déroulent ensuite, on les suppose, on les voit venir, mais on se dit « non, ça ne va pas se passer comme ça, quand même »… puis…

Claire, c’est un personnage à qui on s’attache, qu’on le veuille ou non, je pense… Tout au long du roman, l’auteur arrive tellement à nous transmettre ses émotions, ses ressentis, sa douleur, son combat…

Cette solitude, si dure et si rude, qu’on peut la toucher. Seule et folle. Qui pour me comprendre ? Personne. Qui pour me pardonner ? Personne. Qui pour me juger ? Tous et toutes.

Sa plume est juste, franche, tranchante aussi… il décrit à merveille les pensées de cette femme… beau coup de maître pour un homme… n’y voyez pas une forme de sexisme, mais réussir à transmettre des émotions féminines sur des situations/événements qu’un homme ne peut pas vivre de cette façon, c’est vraiment rare. Il a créé son roman sous forme de témoignage, et c’est réussi avec brio.

Une chose que j’ai beaucoup appréciée dans la manière de présenter ce roman, c’est l’intégration, tout au long du récit, de chansons… Claire nous raconte son histoire en associant ce qui c’est passé à des titres de chansons, et j’ai adoré ça. Je pense que c’est qui m’a fait me sentir d’autant plus proche d’elle, car j’ai cette tendance aussi, à associer, comme beaucoup, mes émotions à la musique…

Bref, un livre qui, malgré peu de pages, embarque, pour ne lâcher le lecteur qu’à la fin… Un coup de maître, qui mérite d’être lu… Il prend aux tripes, il poignarde le coeur, mais quand c’est fait de cette manière, on en redemande… en tous cas, c’est mon cas.

Je ne trouve rien à reprocher à ce livre, il est pour moi tout simplement magistral… Un énorme coup au coeur devenu coup de coeur…

Lu dans le cadre des RDV et challenges suivants:

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L’enfant de l’enfer de Cathy Glass

Cathy Glass, mère d’accueil dévouée et expérimentée, se voit confier Aimee, petite fille de huit ans qui n’a connu que l’enfer du quotidien de sa mère toxicomane. Sale, infestée de poux, agressive, illettrée, Aimee découvre auprès de Cathy des plaisirs simples: une chambre à soi, de vrais repas, des bains et des vêtements propres, la présence d’adultes affectueux. Mais pour la petite fille, apprécier cette nouvelle vie, c’est aussi trahir l’amour qu’elle porte à sa mère. Sur le chemin ardu de l’apaisement, Aimee trouve en Cathy une oreille attentive et lui dévoile les plus sombres moments de sa jeune existence. Une libération nécessaire pour laisser le passé derrière elle et aborder l’avenir avec l’innocence de ses huit ans.*
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20/20 Un témoignage entre l’indignation et l'espoir...

Si vous suivez le blog, vous n’êtes pas sans savoir que les livres concernant l’enfance maltraitée est quelque chose que j’aime énormément lire… pas que j’aime lire le malheur des autres, mais je trouve ces récits tellement enrichissants, …. Ils permettent de relativiser notre vision de la vie, relativiser nos « petits maux », et aussi, être parfois plus attentif au monde qui nous entoure…

Dans ce genre de livres, Cathy Glass est sans aucun doute en haut de la liste des auteurs que j’apprécie le plus… elle a le don particulier de nous raconter l’histoire de ces enfants qu’elle recueille… (d’ailleurs, du même auteur, j’ai vu que dans la même collection il y avait également La petite princesse de papa, que j’espère pouvoir découvrir. )

Ici, on se retrouve avec l’histoire de Aimée, une petite fille qui malheureusement, porte bien mal son nom… Elle est retirée à sa mère et placée à l’âge de 8 ans après avoir vécu un enfer...Vie dans un appart immonde, sans eau chaude, sans chauffage, sans lit, … elle vit dans la crasse, à même le sol, avec sa mère, droguée… son père, parti de la maison, est drogué également… elle se nourrit exclusivement de biscuits… n’a aucune notion d’hygiène ni suivi scolaire régulier…
Aucun enfant ne devrait connaître ça.. et encore, je ne vous raconte pas le reste pour ne pas vous spoiler le livre….

Quand elle arrive chez Cathy, elle est sale, agressive, sans aucune retenue… les gestes élémentaires de vie ne lui ont pas été appris… La mère de l’enfant fait la misère à Cathy, car elle n’accepte pas qu’on lui retire sa fille… comme ses autres enfants l’ont été par le passé… mais ça ne démonte pas la mère d’accueil.

On va suivre l’évolution de Aimée d’une part, mais aussi découvrir son histoire,les drames de sa vie, l’étendue de la maltraitance et de l’horreur qui faisaient son quotidien…
Le livre pointe également les failles des services sociaux, que ce soit dans la prise en charge des enfants, le suivi des dossiers, et les lourdeurs administratives et judiciaires auxquelles ils doivent faire face…

Cathy Glass est très complète dans ses récits, elle nous livre tout, de la réalité des choses à ses ressentis, de la vie avec l’enfant au combat administratif/social qui se dispute à côté… ça donne une vision tellement effrayante et magnifique à la fois de ce « travail » de famille d’accueil, même si je trouve que bien au delà d’un travail, c’est une véritable vocation et un tel don de soi…

Elle a également une façon de raconter les choses que j’aime beaucoup : même si elle nous raconte l’horreur vécue par Aimée, elle ne tombe pas dans le larmoyant, dans le mélodramatique… L’histoire est racontée de manière digne, de manière simple, de manière certes émouvante, mais pas dans l’exagération en vue de faire pleurer dans les chaumières…. Attention, je ne vous cache pas que les choses atroces qui sont racontées m’ont touchée et émue aux larmes, mais le récit est écrit de manière respectable et dans la réserve. Les mots sont justes, ils sont posés et réfléchis.
Et si vous avez lu d’autres livres de l’auteur, elle fait référence à d’autres enfants recueillis dont elle a déjà raconté l’histoire dans un d’autres livres, et ça a tendance, avec moi en tous cas, à renforcer mon attachement à l’histoire, presque de faire « partie de la famille », ou du moins, de m’en sentir plus proche et d’en apprécier encore plus l’histoire.

L’histoire d’Aimée m’a beaucoup émue, car aucun enfant ne devrait connaître ce genre de vie… ce que cette petite fille, du haut de ses 8 ans, a vécu, c’est juste fou, inadmissible, intolérable…

Il est difficile de vous parler du livre sans trop vous en dire, sans vous raconter l’histoire d’ Aimée…
Une chose est certaine, toutes les Cathy Glass ont mon plus grand respect, car ce qu’elles font pour ces enfants, c’est juste magnifique…

En tous cas, si ce genre de témoignages vous intéresse, vous interpelle, je vous conseille ce livre à 200%…

Lu dans le cadre des RDV et challenges suivants: 

  

119. des cheveux ou quelque chose avec des cheveux.

Lu en partenariat avec la maison d’édition 

Ce livre vous intéresse? Les infos pratiques…

  • Titre : L’enfant de l’enfer
  • Auteur : Cathy Glass
  • Maison d’édition : L’archipel / L’archipoche
  • Sortie : 7 Mars 2018
  • # de pages : 384 pages
  • Genre : Témoignage
  • sur Livraddict, d’autres avis
  • sur le site de la maison d’édition
  • sur Amazon

 

Quatorze mois (Carine Russo)

Titre : Quatorze mois
Auteur : Carine Russo
Maison d’édition : La renaissance du livre
Sortie : 2016
# de pages : 234 pages
Genre : témoignage

 » à l’approche de l’hiver, le manque de ma petite fille me tenaillait tellement, mon besoin d’elle, de l’entendre, de la voir, de lui parler était devenu si pressant que je me suis mise à lui écrire dans un petit carnet bleu. Quelques lignes, presque chaque jour. En les relisant, elles me sont apparues singulièrement révélatrices de mon état d’esprit du moment. Pour cette raison, j’ai fait le choix de les retranscrire intégralement. Il s’agit, ni plus ni moins, de l’expression la plus directe de mes sentiments, de mon vécu, en temps réel. Nous oscillions entre espoir et désespoir, nous ne vivons plus que pour le jour où nous les retrouverions, nous inventions nos propres moyens de résistance à la résignation et l’indifférence que nous refusions de voir s’installer. Tandis qu’insensiblement, par notre volonté farouche de ne pas les laisser tomber dans l’oublie, Julie et Mélissa, au fil du temps, devenaient les petites filles de tout un pays que nos rappels permanents, par médiats interposés, avaient sans doute fini par émouvoir. 

De cette vie d’alors, qui d’autres que nous aurait pu témoigner? Et d’ailleurs, pouvait-on encore appeler ça une vie? En fait, il s’agissait plutôt d’un cauchemar dans lequel nous nous débattions comme de pauvres diables dans le seul espoir de nous en éveiller.  » 

Julie et Melissa on été enlevées le 24 juin 1995. Ce n’est que quatorze mois plus tard, le 17 août 1996, que les corps sans vie des petites filles seront retrouvés. Vingt ans après, Carine Russo, la maman de Mélissa, a choisi de s’exprimer longuement sur la tragédie qui a fait vaciller les bases du système judiciaire belge. Un récit aussi bouleversant qu’impitoyable.

Un témoignage émouvant, que je vous conseille...


Si vous suivez ce blog, vous savez que le cas des enfants disparus est quelque chose qui m’interpelle et me touche énormément, que ce soit dans les romans, mais aussi et surtout dans les témoignages. Parmi les affaires qui m’ont le plus touchées, celles de l’  Affaire Dutroux (avec la disparition tragique de Julie et Mélissa) et la disparition d’Elisabeth Brichet (reliée à l’Affaire Fourniret).

Si ces deux histoires me touchent autant, c’est que pour la première, au moment des faits, mes cousines étaient relativement dans la même tranche d’âges et du haut de mes 16 ans, j’ai été particulièrement touchée par ce drame. On en parlait énormément dans les médias, et je suivais tout de très près.
Pour la seconde, je n’avais certes que 9 ans au moment des faits, mais la petite Elisabeth était une enfant que je croisais tous les jours dans le bus en partant à l’école, où le souvenir de son sac à dos qui se coinçait régulièrement dans les portes du bus m’a marqué, où le drame s’est passé juste à côté de chez moi, et que ça a eu une grande influence sur moi… Pendant des années, je me suis que le danger était présent, que ça aurait pu m’arriver (j’allais régulièrement seule ou avec ma meilleure amie, à pieds, dans un vidéo club à deux pas d’où elle a disparu), je me suis posé souvent la question du « pourquoi elle » ? J’ai vu des gens que je connaissais ou croisais régulièrement être soupçonnés à tord, des vies détruites… ça a vraiment marqué mon enfance et mon adolescence…

Bref, voilà pourquoi j’ai eu envie de lire ce livre de Carine Russo… Je ne vais pas vous en faire une chronique comme pour un autre livre… car ce serait déplacé… c’est un livre du coeur, tout simplement…
Je vais juste vous livrer une partie de mes ressentis…

La maman de Mélissa nous y livre ses émotions au jour le jour, les questions qu’elle s’est posées, ses coups de gueule, ses cris de désespoir… On vit ce calvaire « à ses côtés », tout en sachant que malheureusement, l’issue sera fatale et que l’on n’y peut rien faire… J’ai eu beaucoup de mal à le lire tant l’émotion m’a submergée…

Chaque jour, elle couchait sur le papier sa douleur, ses espoirs, ses questions, ses doutes, etc… sous forme de lettre à sa fille…C’est vraiment émouvant.

« Comment ont-ils pu ? Comment, au nom de quoi ont-ils pu assassiner ces beaux yeux noirs, cette douceur, cette innocence ? Abandonnée de tous, coupée de tout lien humain, exclue de la chaîne de vie que forme l’humanité, ma petite fille a rendu son dernier souffle seule, dans le néant… Nul être pour l’accompagner, pour recueillir l’ultime flux de chaleur qui faisait d’elle une enfant vivante, une petite fille existant dans le monde. Quelqu’un peut-il croire sérieusement qu’après un tel désastre, la vie puisse continuer « comme si de rien n’était » ? La vie peut reprendre, certes, se prolonger, se perpétuer et recommencer. Mais, au fond de soi, reste cette béance, cette question sans réponse hurlée à l’infini : Comment ont-ils pu ? »

Elle nous y livre aussi tous les dysfonctionnements et absurdités auxquels ils ont dû faire face, comme le fait de ne pas pouvoir avoir accès à l’information, aux pièces du dossier, … comme le fait de ne pas pouvoir « participer » à l’enquête, de se sentir mise à l’écart, inutile, indésirable…

« Quant à nos légitimes questions sur l’état d’avancement des recherches, elles ne recevront jamais qu’une fin de non-recevoir eu égard au sacro-saint secret de l’instruction. Nous n’avons plus ni le droit de chercher nos enfants, ni même celui de nous informer sur l’évolution des recherches qui les concernent. C’est du coup comme si nous n’avions plus tout à fait droit de cité dans la Cité. »

Elle y revient aussi sur ce qu’elle a ressenti au moment de la sortie de Michèle Martin… Une décision que bien entendu, elle ne comprend pas… Quelle est la justice ? Pourquoi aller diminuer la peine d’une femme, alors que celle des victimes et de leurs familles ne s’arrêtera jamais ?

Il y a une phrase d’Albert Einstein, citée dans le livre, que j’aime particulièrement, même si elle est terrible au final…

« Le monde est dangereux à vivre non tant à cause de ceux qui font le mal mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. »,

Il y a une autre phrase, de Christian Bobin, qui m’a particulièrement touchée :

« Tout le mal dans cette vie provient d’un défaut d’attention à ce qu’elle a de faible et d’éphémère »

Et c’est tellement vrai ! Si on reconnaissait un peu plus la fragilité de la vie, à quel point tout peut chavirer du jour au lendemain, à quel point cet équilibre est précaire… Si certaines personnes faisaient un peu plus attention aux conséquences de leurs actes sur eux-mêmes, mais aussi sur les autres, peut-être, j’ose l’espérer, agiraient-ils différemment…

Vous l’aurez vu, cet avis de lecture est à mon avis complètement décousu… Je vous le livre tel que les idées me sont venues, sans filtre ou presque…

Si vous avez suivi cette histoire, je vous conseille vraiment cette lecture… Même si vous n’y avez pas prêté attention plus que ça finalement… si tant est que ce soit possible. Derrière tant de détresse se cache une leçon d’espoir, de courage, mais aussi des questionnements sur notre société et sur la justice telle qu’elle est, a été, et devrait être…

Un livre qui est là pour nous délivrer son message, sans tomber dans le larmoyant, sans tomber dans la superficialité, sans tomber dans l’excès… juste dans les faits et les émotions au jour le jour d’une mère désenfantée. 
Un livre d’une profondeur qui m’a bouleversée…

Maîtres Du Jeu (Karine Giebel)

Titre : Maîtres du jeu
Auteur : Karine Giebel
Maison d’édition : Pocket
Sortie : 2013
# de pages : 125 pages
Genre : Thriller

Il y a des crimes parfaits.
Il y a des meurtres gratuits.
Folie sanguinaire ou machination diabolique, la peur est la même. Elle est là, partout : elle s insinue, elle vous étouffe… Pour lui, c est un nectar. Pour vous, une attente insoutenable. D où viendra le coup fatal ? De l ami ? De l amant ? De cet inconnu à l air inoffensif ? D outre-tombe, peut-être… 

Ce recueil comprend les nouvelles Post-mortem et J aime votre peur.

Un livre qui m'a bien donné envie d'en découvrir plus de l'auteur!

coup-de-coeur

J’ai commencé la lecture de ce livre dans le cadre de l’auteur du mois, challenge organisé par Merry sur facebook (et au passage, elle a fait un nouveau design à son blog, faut que vous alliez voir ça!)

Bref, vu mon peu d’entrain à la lecture ces derniers temps, j’ai choisi un tout petit livre pour pouvoir participer malgré tout… et donc ce livre se compose de deux nouvelles…

Alors les deux sont sympas et agréables, mais comme j’ai préféré la première à la seconde, je vous parlerai surtout de Post Mortem…

Pour vous situer un peu l’histoire, une comédienne se retrouve à la lecture du testament d’un homme qu’elle dit ne pas connaître, ou n’avoir rencontré qu’une fois. L’homme, visiblement, lui vouait un culte, au grand malheur de sa famille… Lors de l’ouverture du testament, la répartition est de fait quelque peu particulière et inégale…

« Elle paraît de plus en plus embarrassée. Le frère a eu les petites cuillers en argent et elle, la maison de campagne ? Elle ose un regard vers le frère en question qui la dévisage maintenant avec une fureur évidente. »

Tout du long, l’ambiance est assez lourde, et j’aime ça… ça tourne vite en suspense grandissant… et vu qu’on est dans une nouvelle, c’est tant mieux pour éviter un flop total.

Comme on est dans un texte court, on ne s’encombre pas de la psychologie des personnages, mais on en sait malgré tout assez.

Morgane est une femme fragile, que l’on sent brisée malgré sa célébrité, et son mari apparaît comme un pervers narcissique détestable.

Une phrase retenue du livre :

« On doit toujours payer le mal qu ‘on inflige… Toujours. »

J’ai adoré le style, c’est fluide, et on se représente les scènes, et les lieux, même décrits en peu de mots, et c’est quelque chose que j’adore.

La fin est juste démente, je n’ai rien vu venir… on pense qu’on a tout compris, puis finalement, on se prend une claque phénoménale…. je ne pensais pas qu’une nouvelle pourrait autant me décrocher la mâchoire d’étonnement. J’ai été bluffée.

J’espère découvrir d’autres livres de l’auteur, car cette mise en bouche m’a bien donné envie d’en avoir plus 🙂

Lu dans le cadre des RDV et challenges suivants: