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La villa rouge ( James Patterson et David Ellis )

Titre : La villa rouge
Auteur : James Patterson et David Ellis
Maison d’édition : L’archipel
Sortie : 2017
# de pages : 472 pages
Genre : Thriller

Dans les Hamptons (Long Island), au 7 Ocean Drive, se dresse une impressionnante maison à la façade gothique avec une vue imprenable sur l’océan.
Mais elle est à l’abandon depuis plusieurs années et tombe en décrépitude. On la dit maudite. Il est vrai que la Villa rouge, telle qu’on la surnomme, a été par le passé le théâtre d’une série de meurtres jamais résolus.
Quand un nabab d’Hollywood et sa maîtresse y sont retrouvés sans vie, tous pensent que la malédiction frappe de nouveau.
Jenna Murphy, une ancienne flic de New York, va mener l’enquête. Elle qui, enfant, jouait sur la plage non loin de la maison, voit ressurgir en elle une terreur qu’elle croyait pourtant éteinte…
Mais la Villa rouge n’a sans doute pas encore révélé tous ses mystères… et Jenna pourrait bien en être la prochaine victime.

Encore un excellent roman de James Patterson!

Eh oui, encore un James Patterson puisque comme je vous l’avais dit, j’en avais reçu deux de suite…

Ici, l’histoire est ici totalement différente, puisqu’on est dans une histoire sur fond de malédiction… forcément, ça a titillé ma curiosité…

Une fois encore, je ne peux que saluer la plume exceptionnelle de l’auteur… James Patterson a vraiment le don de se jouer de nous, de nous mener par le bout du nez, et le pire, c’est qu’on aime ça et qu’on en redemande.

Un style inimitable, des chapitres très courts, qui font de ce livre un formidable turn-over, car on se dit « aller, encore juste un chapitre »… puis un autre, et un autre, et un autre… je crois que vous avez compris…
En plus, les chapitres courts, ça donne un ryhtme d’enfer au roman, et j’aime ça, surtout qu’il ajoute toujours le petit quelque chose qui donne envie d’en savoir plus.

J’ai beaucoup apprécié la manière dont l’histoire nous a été présentée… On fait des aller-retour entre le passé et le présent, et on alterne aussi le point de vue des personnages… Et ça, vous savez que j’aime ça… Car ça donne un tout autre regard sur l’histoire et bien souvent, ça sème encore plus le trouble car on ne sait plus à quel saint se vouer. D’un autre côté, ça nous donne encore plus l’occasion de poser nos propres hypothèses, de nous triturer le cerveau pour dénouer le tout, et… c’est juste ce qui fait un bon thriller…

Les personnages sont bien construits, le côté psychologique si cher à mon coeur est toujours bien présent et bien travaillé… Donc forcément, on ne peut que s’attacher à eux, d’une manière ou d’une autre. Même ceux qui ne sont pas les plus sympa, on les trouverait presque agréables.

Si certains éléments sont un peu prévisibles, malgré tout, les gros rebondissements vont bon train et on ne les voit pas venir… surtout la fin qui est une belle claque, je trouve.

Ahh il n’y a pas à dire, James Patterson est sur le point de devenir un de mes auteurs chouchous…

Lu en partenariat avec la maison d’édition 

 

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La Diabolique ( James Patterson )

Titre : La diabolique
Auteur : James Patterson
Maison d’édition : L’archipel
Sortie : 23 Août 2017
# de pages : 432 pages
Genre : Thriller

Pour la presse américaine, c’est le procès de la décennie. La célèbre Maggie Bradford, auteur-compositeur-interprète, est accusée d’avoir attenté à la vie de son second mari, Will Shepherd, ex-footballeur vedette devenu acteur. Du fond de sa cellule, prostrée, la chanteuse ne cherche même pas à clamer son innocence. Le destin semble s’acharner sur elle. Des années plus tôt, en état de légitime défense, elle a tiré sur son premier époux, Phillip, un officier irascible et violent…
Une fois sa douleur apaisée, alors qu’elle pensait avoir trouvé l’amour auprès du riche Patrick O’Malley, un dramatique accident a mis fin à l’idylle… Puis il y a eu Will, le dieu blond adulé des foules, Will le manipulateur, Will le pervers… Autour de celle que certains surnomment déjà  » la diabolique « , l’opinion publique se déchaîne. Maggie Bradford est-elle victime d’une incroyable succession de coups du sort ? Ou bien ses dehors angéliques dissimulent-ils la personnalité d’une authentique criminelle, capable d’assassiner avec le plus grand sang-froid ?

Un thème classique au départ qui nous emmène dans un roman haletant.

​James Patterson fait partie de ces auteurs qu’on ne peut pas ignorer. Il a quand même une sacrée réputation. Je ne sais pas s’il est pareil pour vous, mais pour ma part, je n’en lis que des louanges ou presque.

Du coup, quand j’ai reçu deux titres d’un coup de l’auteur, c’était le bonheur…

Je dois avouer que le coup de la légitime défense pour tuer son mari, et les soupçons qui apparaissent des années plus tard… c’est une histoire qui me plaît assez… Ça fait un peu bateau, mais c’est un peu le genre d’histoire distrayante que l’on peut retrouver en téléfilm l’après midi sur TF, et personnellement, j’aime assez, ça fait généralement passer un bon moment. Je suis donc partie pleine d’espoir dans cette lecture…

Et finalement, ça a plutôt bien marché sur moi…

Dès le départ, je me suis dit qu’au vu du résumé, j’allais rester sur mes gardes, ne pas me laisser attendrir par Maggie  , le personnage principal, que j’allais attendre de voir si elle était plutôt ange ou démon… Peine perdue, je me suis directement attachée à elle ! Son passé ne m’a pas laissée indifférente et a fait que je ne pouvais que la prendre en affection. Ses émotions, ses craintes, ses peurs, ses doutes, ses troubles… on les vit avec elle, finalement,… C’est ce qui m’a fait me sentir si proche d’elle, car j’ai vraiment vécu l’histoire à travers elle. Excellent travail psychologique du personnage… même des personnages, car je trouve que rien n’est laissé au hasard.

Malgré tout, on a envie de savoir, le petit doute persiste, et ça en fait un livre incroyablement addictif… le genre de livre où on se dit « encore juste quelques pages, je bosse demain », mais où on continue encore deux heures de le lire. Ça en fait un roman assez intense, assez complexe malgré tout puisque l’on passe son temps à essayer de délier le faux du vrai, à comprendre, à chercher la faille… tout ce que j’aime.

Ce qui en fait la force, c’est que les rebondissements et infos « pertinentes » nous sont livrés petit à petit, au bon moment, pour nous donner envie d’en savoir plus. C’est une écriture à la fois précise (l’auteur sait exactement où il nous emmène), délicate (pour nous toucher et nous émouvoir), percutante (avec les coups d’éclats aux bons moments)… du travail de maître, quoi…

Si je devais regretter quelque chose ?
On se dit que toute cette histoire est presque « trop » pour être vraie, que personne n’a une telle vie, … vous l’aurez compris, pris un à un les événements sont crédibles, mais mis ensemble, on est à la limite du chouia trop…

On est donc dans un roman assez classique par son thème, mais qui est hyper bien amené, hyper bien maîtrisé, et c’est ce qui en fait un excellent roman qui se démarque et sort du lot.

J’ai encore plusieurs livres en stock de James Patterson, je compte bien les sortir prochainement de ma PAL..

Lu en partenariat avec la maison d’édition

 

Mon amie Adèle ( Sarah Pinborough )

Titre : Mon amie Adèle
Auteur : Sarah Pinborough
Maison d’édition : Préludes
Sortie : 27 septembre 2017
# de pages : 448 pages
Genre : thriller

LOUISE
Mère célibataire, elle est coincée dans un quotidien minuté. Un soir pourtant elle embrasse un homme dans un bar… sans savoir qu’il est son nouveau patron.
DAVID
Psychiatre renommé et dévoué à sa femme, il regrette ce baiser mais ne peut s’empêcher de tomber amoureux de son assistante.
ADÈLE
L’épouse de David semble n’avoir aucun défaut. Si ce n’est de vouloir à tout prix devenir l’amie de Louise… Fascinée par ce couple modèle, Louise se retrouve malgré elle piégée au coeur de leur mariage. Et peu à peu, elle commence à entrevoir des failles.
David est-il l’homme qu’il prétend être ?
Adèle, aussi vulnérable qu’elle y paraît ?
Et par quel secret inavouable sont-ils liés l’un à l’autre ?

Un thriller psychologique au suspense grandissant jusqu'au bout... J'ai beaucoup aimé.

Je n’avais pas été particulièrement fan de la saga des Contes des royaumes, du même auteur.. Mais je pars du principe de ne jamais rester sur un échec et j’ai donc voulu donner une nouvelle chance à l’auteur de me convaincre…
C’est ainsi que je me suis lancée dans la lecture de Mon amie Adèle dès que j’ai eu le mail de Netgalley.

L’histoire commence pas mal…. La « première scène » m’a plutôt plus…

« Me pincer et me dire JE SUIS RÉVEILLÉ une fois par heure. Regarder mes mains. Compter mes doigts. Regarder l’horloge (ou la montre), ne plus la regarder, la regarder de nouveau. Rester calme et concentré. Penser à une porte. »

On a l’impression de rentrer dans le vif du sujet, et le côté psychologique est directement mis en avant… et ça m’a accroché.

Ce qui m’avait fortement dérangée dans Contes des royaumes, c’est l’écriture de l’auteur à laquelle je n’avais pas du tout accroché. Je la trouvais vulgaire, désagréable. J’avais l’impression qu’elle essayait de donner un genre au livre dont je me serais bien passée… si bien que j’ai abandonné la lecture au bout d’une centaine de pages.
Ici, on est dans beaucoup plus de simplicité, de fluidité… L’écriture n’a cependant rien d’extraordinaire, je dirais qu’elle est presque simpliste, banale. Mais du coup, ça se lit beaucoup plus facilement… Et c’est ce qui a fait que j’ai lu ce livre quasi d’une traite, embarquée par l’histoire sans être gênée par l’écriture.

On retrouve trois périodes : avant et centré principalement sur Louise juste après la mort de ses parents, et après , où on alterne entre la vision d’Adèle, celle de Louise, et ça c’est quelque chose que j’apprécie car on a les deux versions de l’histoire…

Au départ, on prend quand même un peu Adèle en pitié… Un passé triste, la mort de ses parents, sa condition de femme mariée lui pèse, son mari David ne semble pas très attentionné, et j’ai eu de la peine pour elle. Tout a été fait pour ça.

« Il se tourne enfin face à moi et je lis un mépris silencieux dans ses yeux. Je ravale une soudaine envie de pleurer. Ce vide est pire que sa colère. Tout ce que j’ai eu tant de mal à construire est en train de s’effondrer. Je me moque qu’il soit encore soûl. Je veux juste qu’il m’aime comme avant. Il ne remarque même pas tout ce que j’ai fait depuis qu’il s’est rué dehors. Les efforts que ça a exigés. À quel point j’ai travaillé. À quel point j’ai essayé. — Je vais me coucher, dit-il. »

Sa rencontre avec Louise, c’est un coup de foudre amical apparent… à sens unique au départ… Adèle ne jure plus que par sa nouvelle – et seule – amie…. Qui n’est pourtant autre que la maîtresse de son mari…

« Qu’en penserait David ? Elle tente de chasser cette question. Elle connaît la réponse. David ne serait pas content. Pourquoi faut-il que sa première pensée à propos du moindre truc soit toujours : « Qu’en penserait David ? » Ce n’est pas normal. Elle devrait être un peu plus comme Rob. Impertinente. Indépendante. Pourtant, le simple fait de penser ça est comme une trahison. David l’aime et elle l’aime. David lui a sauvé la vie. »

Cette rencontre sera le point de départ d’une descente aux enfers que j’ai adoré suivre… Pour qui ? Pourquoi ? Comment ? A vous de le découvrir dans le livre, je ne vais pas tout vous dire, non plus…

David, c’est un homme qu’on a du mal à appréhender, dans l’histoire… entre l’envie de le détester pour ses infidélités et la manière dont il se comporte avec Adèle et Louise, et l’envie de consoler et prendre soin de lui tant on a l’impression qu’il a le poids du monde sur ses épaules… J’aime les personnages masculins qui me donnent cette double impression…
Et on sent qu’il y a quelque chose de terrible qui le lie à Adèle, mais on ne saura quoi qu’à la fin…

L’histoire est en partie prévisible… Il y a des choses qu’on devine de suite, d’autres qu’on comprend au fur et à mesure et la fin qui, disons le, m’a mis une bonne claque que je ne l’ai pas venue venir du tout…

Il y a cependant une chose qui m’a un peu dérangée… Je n’ai pas fait attention si ce roman est supposé être un livre pour ados ou pas, mais dans ce livre, il est un peu trop mis en avant, de par le comportement des différents personnages, que se saouler jusqu’à plus soif est la solution miracle à tous les problèmes… « oh, je me sens seule » – je bois. « Oh, mon ex mari a mis sa nouvelle femme enceinte » – je bois. « Oh, j’ai trompé ma femme, je me sens trop mal d’avoir fait ça » – je bois. « Oh, et si on buvait un coup, juste comme ça »… Ouch, j’ai trouvé ça un peu too much quand même…

Mais bon, au final, j’ai bien aimé cette lecture. On est loin du coup de coeur, mais c’est une lecture bien agréable que je vous recommanderais pour la rentrée (le livre sort le 27 septembre).

Il a réussi à me réconcilier avec l’écriture de Sarah Pinborough, c’est un très bon thriller psychologique, instaurant une ambiance assez dérangeante au milieu d’un triangle amoureux peu commun, une belle intrigue, un final explosif…

Lu en partenariat avec la maison d’édition via Netgalley

 

Ne dis rien à papa ( François-Xavier Dillard )

Titre : Ne dis rien à papa
Auteur : François-Xavier Dillard
Maison d’édition : Belfond
Sortie : 15 Juin 2017
# de pages : 350 pages
Genre : Thriller

L’instinct maternel est l’arme la plus puissante au monde. Surtout quand on la retourne contre ses propres enfants.
Quatre jours et quatre nuits se sont écoulés avant que la police ne retrouve la victime dans cette ferme isolée. Quatre jours et quatre nuits de cauchemars, de douleurs et de souffrances, peuplés de cris et de visons imaginaires en face de ce jardin dans lequel elle a été enterrée vivante.

Sur un autre continent, loin de cet enfer, Fanny vit avec son mari et leurs jumeaux Victor et Arno. Leur existence bien réglée serait parfaite si elle ne percevait pas, au travers des affrontements qui éclatent sans cesse entre ses enfants, chez l’un, une propension à la mélancolie et, chez l’autre un véritable penchant pour le mal. Chaque jour elle se dit qu’elle ne pourra plus supporter une nouvelle crise de violence, ces cris qui la replongent au coeur d’images qu’elle voudrait tant oublier… À n’importe quel prix…

Et lorsqu’un nouveau voisin s’installe dans la grande maison, elle souhaite offrir le portrait d’une famille parfaite. Mais chaque famille a son secret et le sien est le plus terrible qui puisse exister.

Une histoire bien menée, le thème des relations entre jumeaux m'a plu.

Ce que j’en pense?

J’avais adoré le précédent livre de l’auteur, Fais-le pour maman, même si ce n’était pas un coup de coeur… Et autant vous le dire tout de suite pour ne pas vous faire patienter trop longtemps, celui-ci fut encore meilleur !!

Déjà, le thème du livre… On y parle certes famille, mais surtout secrets, souffrances, et enfants… tout de suite ça me plaît… Quand on vient me parler d’instinct maternel peu conventionnel qui devient un danger pour les enfants, … je ne peux qu’avoir envie de lire.

Je dois vous dire que l’on rentre dans le roman de manière assez fracassante… Une personne, enterrée vivante, qui sort de sa tombe à la force des mains pour gratter le sol… Mais je vous rassure, on n’est pas dans un énième épisode de Walking Dead… Les descriptions et les événements sont malgré tout décrits de manière assez choc.

« Maintenant, ça repart, et à toute vitesse, il y a d’autres enfants, plus jeunes, une fille, elle a l’air si timide, et puis un homme, plus âgé, il embrasse une femme très jolie, blonde. Il y a à présent une immense table, un déjeuner, une fête peut-être. Oui, il y a un gâteau, des bougies. Un enfant qui souffle, encouragé par les autres, et soudain le visage du bambin qui explose… »

Tout au long du roman, on va découvrir plusieurs histoires de front : celle de cette personne retrouvée enterrée vivante en Australie, celle de Fanny, mère de famille dévouée aux jumeaux assez différents et particulier, celle de Glenn, un jeune pianiste mais célèbre qui vient s’installer à côté de chez eux, Celle d’une jeune fille, étudiante,qui se fait violer, et celle d’un policier qui enquête sur une série de meurtres.

Je dois vous avouer qu’au départ, je me suis dit « mon dieu, mais dans quoi je m’embarque, comment je vais m’y retrouver dans toutes ces histoires parallèles… moi qui ai un mal fou à m’y retrouver quand il y a plus de deux histoires de front… »… D’ailleurs, au quart du livre, je me demandais encore où l’auteur voulait nous emmener, pourquoi avoir mis en place autant de scénarios différents dans une même histoire, et surtout dans quel but…

Pourtant, tout au long du roman, les choses vont s’imbriquer, on va comprendre quel est le dénominateur commun entre toutes ces histoires si différentes soient-elles…

Point de vue du rythme, on y va bon train… les chapitres sont super court, et ça donne un tape-tuner de folie et une montée de la pression que j’ai adorée. Chaque chapitre apporte sa petite pièce à l’édifice, et c’est juste parfait… tout ce que j’aime. Chaque chose à sa place, chaque événement prend tout son sens….

Si vous me suivez depuis un petit temps sur le blog, vous savez que les histoires de jumeaux, c’est quelque chose qui me fascine, et Arno et Victor n’ont pas fait exception à la règle… Ils sont si différents l’un de l’autre, j’ai adoré découvrir leur relation, leurs rapports l’un à l’autre, etc… et de voir l’influence qu’ils peuvent avoir l’un sur l’autre…

Point de vue des meurtres évoqués, je dois avouer qu’ils sont assez sanglants, assez particuliers… Pourtant, ils ne nous sont pas jetés sanguinolents au visage, l’auteur nous en dit juste assez que pour que l’on puisse imaginer le reste… et faire travailler mon imagination sur un meurtre, j’aime ça 🙂

« – Eh bien, voilà, la plupart de ses os ont été cassés, ses doigts, les clavicules, l’humérus, le fémur, le péroné… Messieurs, vous avez devant vous un homme brisé, au sens propre du terme ! Les épaules du professeur Flachat sont alors secouées par de petits spasmes provoqués par le fou rire intérieur que sa blague vient de déclencher. Tout son corps s’agite de manière frénétique. Rémi Dubois soupire. Peut-être que le meurtrier a voulu leur faire passer un message, ou peut-être pas… »

Allez, une petite référence littéraire que j’ai appréciée…

« Elle avait plaisanté sur le livre de Douglas Kennedy, Piège nuptial, l’histoire de ce type qui se retrouve marié de force et intégré dans une famille d’Australiens dégénérés qui passent leur temps à faire du pâté de kangourous, à se bourrer la gueule et à se battre. »

Ce livre est dans ma PAL en roman graphique et en roman, ça me donne presque envie de l’en sortir plus vite que prévu… ça vous le fait aussi, d’avoir envie de lire un livre évoqué dans le roman que vous êtes en train de lire ?

Vous l’aurez compris, ce livre est pour moi une belle réussite… Je l’ai préféré au précédent, et guetterai la prochaine sortie de l’auteur..

Lu en partenariat avec la maison d’édition via Netgalley

Autre livre de l’auteur, lu et chroniqué sur le blog:

Au début des années 70, Sébastien, 7 ans, vit seul avec sa mère et sa sœur adolescente, Valérie. Leur mère arrive tant bien que mal à joindre les deux bouts, malgré ses deux emplois qui lui prennent tout son temps et toute son énergie. Une dispute de trop avec sa fille qui dégénère, et c’est le drame familial. Valérie survivra à ses blessures mais la police ne croit pas à la version de la mère accusant son petit garçon d’avoir blessé sa soeur. La mère prendra 5 ans de prison. Des années plus tard, et grâce à ses parents adoptifs, Sébastien mène une vie « normale », alors que sa sœur vit dans un institut spécialisé et que sa mère n’est jamais reparue après sa sortie de prison. Sébastien est devenu un père et un médecin exemplaires. Jusqu’à de mystérieux décès d’enfants parmi ses patients et avec eux, le retour funeste des voix du passé…

Tu tueras l’ange de Sandrone Dazieri

Titre : Tu tueras l’ange
Auteur : Sandrone Dazieri
Maison d’édition : Robert Laffont (La bête noire)
Sortie : 18/05/2017
# de pages : 608 pages
Genre : Thriller

La mort rôde, aussi belle que fatale. Serez-vous sa prochaine victime ? Lorsque le TGV Milan-Rome arrive à quai, la police fait une macabre découverte : tous les passagers de la classe affaires sont retrouvés morts. Si les premiers indices orientent l’enquête vers un attentat, la commissaire adjointe Colomba Caselli, muscles d’acier et âme fragile, est persuadée du contraire. Pour elle, seul Dante Torre, l’« Homme du silo », est capable d’y voir clair dans ce brouillard de mensonges et de fausses pistes. Très vite, ils découvrent que ce massacre n’est que l’énième épisode d’une longue série de carnages, sur laquelle plane l’ombre d’une mystérieuse figure féminine. Elle ne laisse aucune trace, juste un nom : Giltiné, l’ange lituanien des morts.

J'ai trouvé ce livre juste terrible ! Génial ! Addictif !

J’avais entendu beaucoup de positif sur Tu tueras le père, le premier opus de cette saga… Je ne l’avais pas lu, mais heureusement, à part quelques petites références dans Tu tueras l’ange, le fait de ne pas l’avoir lu n’a pas entaché ma lecture.

C’est un thriller très sombre, et je ne pense pas qu’il conviendra à n’importe qui… je trouve qu’il faut malgré tout avoir le coeur bien accroché… On n’est pas dans du gore, loin de là, mais j’ai trouvé l’émotionnel à un très haut niveau… les âmes (trop) sensibles auront sans doute un peu de mal.

Ce qui est assez terrifiant avec ce livre, c’est qu’il est vraiment sorti à un moment raccord avec l’actualité… De nos jours, les attentats font malheureusement partie de notre quotidien, et c’est ce qui fait que ce livre est tellement là à nous prendre aux tripes.

« L’attentat a déjà été revendiqué. Par Daesh. 5 SUR LA VIDÉO, qui semblait avoir été prise avec un smartphone, apparurent deux hommes de taille moyenne, vêtus d’un jean et d’un T-shirt sombre, portant des capuches noires et des lunettes de soleil. »

De plus, les descriptions sont assez équivoques et explicites… On a juste l’impression d’assister aux scènes, même les plus dures… de les vivres aux côtés de Colomba. Idem pour les descriptions des attaques, des tirs : ils sont tellement bien décrits que j’en avais le coeur qui se serrait, avec le malaise que cela pouvait provoquer.

« Elle éclaira des corps renversés sur les sièges, tombés sur le sol. Putain, qu’est-ce qu’il s’est passé ici ? Elle entra avec précaution, prenant garde à ne rien piétiner. Le cadavre le plus proche de la porte était celui d’un passager d’une soixantaine d’années, vêtu d’un costume gris ; il avait été projeté par terre, les mains entre les jambes, la tête en arrière. Le sang qui avait jailli de sa gorge lui avait recouvert le visage d’un masque rouge. Colomba avança encore. Derrière le passager en costume gris, un jeune homme, la chemise ouverte et le pantalon slim blanc taché d’excréments, tenait encore à la main son portable qui vibrait. Il était étendu en travers du couloir. Un verre avait roulé devant son visage, et le sang qui coulait de son nez l’avait coloré de rouge. À sa gauche, il y avait un vieil homme, encore assis à sa place, empalé au niveau de la bouche par sa canne, qui avait par la même occasion fracassé son dentier – ce dernier gisait sur son torse au milieu du sang et de traces de vomissures séchées. Elle découvrit également deux hommes d’origine asiatique, dont les habits indiquaient qu’ils appartenaient au personnel de restauration. Le premier avait été projeté sous la table de service recouverte de sachets de sucre éparpillés, l’autre était tombé sur les genoux d’une femme d’une quarantaine d’années, en tailleur et talons aiguilles, qui semblait avoir voulu le bercer dans ses bras avant de mourir. Colomba sentit ses poumons se contracter et elle inspira profondément. Maintenant qu’elle s’y habituait, elle percevait derrière la puanteur un étrange arrière-goût douceâtre qu’elle ne parvenait pas à identifier. Cela lui rappelait les expériences culinaires ratées de sa mère, qui faisait régulièrement cramer des gâteaux dans le four, quand Colomba était petite. Elle s’avança jusqu’au fond du wagon, enveloppée d’un vague sentiment d’irréalité. »

Je dois avouer que ce passage m’a au départ laissée un peu perplexe : comment, avec tout ce qui reste du désastre du wagon, personne n’a rien entendu dans le wagon d’à côté ? Bref.

Point de vue des personnages, j’ai ADORÉ celui de Dante Torre. Je l’ai trouvé très intéressant, très bien approché… J’ai vraiment apprécié son côté « fracturé », toute sa fragilité, ses tocs, ses angoisses,… qui pourtant font sa force. Découvrir son histoire par fragments m’a happée… Il est très attachant même si je suis certaine qu’il tapera sur le système de plus d’un… J’aurais aimé le voir un peu plus présent malgré tout.

La complicité qu’il a avec Colomba est assez déroutante et c’est peut-être là la seule chose qui me fait regretté de ne pas avoir commencé par Tu tueras le père : le fait d’avoir l’impression d’avoir manqué un grand pan de leur histoire commune.

Le suspense, quant à lui, est mené d’une main de maître : il monte crescendo, le rythme s’accélère petit à petit, nous emporte dans un tourbillon dont on n’a pas envie de sortir… L’atmosphère est lourde, pesante, oppressante, … Une tension palpable et omniprésente, car à aucun moment, elle ne se relâche en cours de roman.

Au départ, j’ai eu un peu peur que cela ne parte dans tous les sens, mais au final, pas du tout, tout se met en place très « naturellement ».

Par contre, si je pense qu’il n’est pas nécessaire d’avoir lu le premier tome pour lire ce second, ce second donne très envie de découvrir le troisième, à venir.

***

S’il y a une phrase « choc » que j’ai envie d’épingler de ce roman :

« Il y a des fanatiques dans toutes les religions. Et aussi des fanatiques qui n’ont pas de religion, aussi étrange que cela puisse paraître. »

Il y a également celle ci :

« Ce que j’ai voulu vous démontrer, aujourd’hui, ce n’est pas qu’il ne faut croire en rien ni qu’il faut croire à tout, mais qu’il faut toujours vous poser des questions. Si quelqu’un vous donne une vérité préemballée, ouvrez le paquet et regardez à l’intérieur. Peu importe qui vous la sert sur un plateau : un politicien, un journaliste, un policier ou quelqu’un comme moi. Vérifiez les faits. Cherchez vos propres réponses. »

Je trouve que ce « conseil » correspond bien à ma philosophie de vie : s’informer, de différentes sources, pour faire son propre avis…

C’est une chose que j’ai aimée dans ce roman… au delà de l’histoire en elle-même, il y avait d’autres choses à en tirer… Je ne vais pas utiliser le terme de leçons de vie, mais plutôt des petites bien à propos disséminées ça et là et qui vont bien au delà du livre qu’on lit, qu’on referme et qu’on oublie.

Toutes les références aux attentats divers qui ont également touché la France, comme celui de Nice, ça m’a serré le coeur… Au départ, je me suis même dit que c’était un peu osé de se servir de cela pour asseoir son histoire alors que beaucoup sont encore sous le choc. Mais je trouve aussi que c’est une manière de rendre hommage aux victimes, car quiconque lire ce livre se souviendra aussi de ces tristes événements, et aura une pensée pour eux, du moins je l’espère.

Lu en partenariat avec la maison d’édition via Netgalley